Bonjour,
Suite aux échanges qui ses sont tenus plus haut dans ce fil de discussion, je me permets de revenir sur la navigation de nuit et les feux de navigations que l’on doit réglementairement montrer.
po po po ....
Si JL vous lit vous allez prendre cher

Je vous rappelle que naviguer de nuit se fait en respectant les codes couleur et les feux autorisés en NAV ne sont pas à confondre avec les feux d'agrément ou de recherche d'un équipier tombé à la mer...
Le feu BLANC c'est seulement pour l'arrière ou pour le mouillage, alors imaginez si vous faites route à 20 knots de nuit avec le feu blanc DEVANT alors qu'un autre venant de face le voit il pourra penser qu'il vous rattrape .... et ce ..... anormalement vite c'est dangereux.
Manœuvre oui, navigation à plus de quelques knots NON.
…
Je plussois Claude. J’avais déjà en fin de saison dernière échangé avec certains sur la navigation de nuit.
Mais personne ne va prendre cher

. Je conçois que les multiples casiers, filets que l’on peut rencontrer en navigation de nuit sont autant de dangers potentiels que l’on aimerait éviter à coup sûr.
Dans ce post, je vais limiter les rappels aux feux de navigation réglementaires pour un navire à propulsion mécanique de moins de 12 m tels que définis dans la « PARTIE C — FEUX ET MARQUES » du RIPAM (Règlement international pour prévenir les abordages en mer), dont je publie ci-dessous quelques extraits des règles auxquelles il convient de se rapporter.
Règle 23
Navires à propulsion mécanique faisant route
a) Un navire à propulsion mécanique faisant route doit montrer :
i) un feu de tête de mât à l’avant ;
...
iii) des feux de côté ;
iv) un feu de poupe.
…
d) i) Un navire à propulsion mécanique de longueur inférieure à 12 mètres peut, au lieu des feux prescrits au paragraphe a) de la présente règle, montrer un feu blanc visible sur tout l’horizon et des feux de côté ; (Nota : c’est le cas de mon Antarès 7.50 HB, mais 6,97 m de longueur de coque)
ii) un navire à propulsion mécanique de longueur inférieure à 7 mètres et dont la vitesse maximale ne dépasse pas 7 nœuds peut, au lieu des feux prescrits au paragraphe a) de la présente règle, montrer un feu blanc visible sur tout l’horizon ; il doit, si possible, montrer en outre des feux de côté ;
iii) le feu de tête de mât ou le feu blanc visible sur tout l’horizon à bord d’un navire à propulsion mécanique de longueur inférieure à 12 mètres peut ne pas se trouver dans l’axe longitudinal du navire s’il n’est pas possible de l’installer sur cet axe à condition que les feux de côté soient combinés en un seul fanal qui soit disposé dans l’axe longitudinal du navire ou situé aussi près que possible de l’axe longitudinal sur lequel se trouve le feu de tête de mât ou le feu blanc visible sur tout l’horizon.Ces feux doivent également avoir une portée minimale :
Règle 22
Portée lumineuse des feux
Les feux prescrits par les présentes Règles doivent avoir l’intensité spécifiée à la section 8 de l’Annexe I du présent Règlement, de manière à être visibles aux distances minimales suivantes :
…
c) pour les navires de longueur inférieure à 12 mètres :
— feu de tête de mât : 2 milles
— feu de côté : 1 mille
— feu de poupe : 2 milles
— feu de remorquage : 2 milles
— feu blanc, rouge, vert ou jaune visible sur tout l’horizon : 2 millesL’on voit bien qu’il n’est nulle part mentionné un projecteur pour naviguer ! Qui plus est la règle 20 b) prévient de toute utilisation d’un autre feu que je qualifie en résumé de « perturbant » :
Règle 20
Champ d’application
a) Les règles de la présente partie doivent être observées par tous les temps.
b) Les règles concernant les feux doivent être observées du coucher au lever du soleil. Pendant cet intervalle, on ne doit montrer aucun autre feu pouvant être confondu avec les feux prescrits par les présentes règles et pouvant gêner la visibilité ou le caractère distinctif de ceux-ci ou pouvant empêcher d’exercer une veille satisfaisante.
A mon sens, le projecteur (ou tout dispositif équivalent) est l’exemple même d’un feu pouvant être confondu avec les feux prescrits et pouvant gêner la visibilité ou le caractère distinctif de ceux-ci ou pouvant empêcher d’exercer une veille satisfaisante dans le sens où :
- le projecteur en marche peut gêner la visibilité de nos propres feux de navigation vus d’un autre navire qui aura ainsi du mal à déterminer notre inclinaison, notre route et choisir la sienne en conséquence s’il lui appartient de manœuvrer,
- mais aussi, ce projecteur est éblouissant par sa réflexion sur le pont et ainsi empêche d'exercer une veille satisfaisante du fait d’une vision non adaptée qu’il faut à ré-acclimater sa vision nocturne à chaque fois que l’on éteints ce projecteur.
Toutefois, la règle 36 du RIPAM autorise l’utilisation du projecteur :
Règle 36
Signaux destinés à appeler l’attention
Tout navire peut, s’il juge nécessaire d’appeler l’attention d’un autre navire, émettre des signaux lumineux ou sonores ne pouvant être confondus avec tout autre signal autorisé par l’une quelconque des présentes règles, ou bien orienter le faisceau de son projecteur en direction du danger qui menace un navire de façon telle que ce faisceau ne puisse gêner d’autres navires. Tout feu destiné à attirer l’attention d’un autre navire ne doit pas pouvoir être confondu avec une aide à la navigation. Aux fins de la présente règle, l’emploi de feux intermittents ou tournants à haute intensité, tels que les phares gyroscopiques, doit être évité.Mes quelques expériences de navigations de nuit avec mes bateaux :
- retour de Ilur vers mon mouillage à Arradon
- retour de Houat jusque mouiller l’ancre devant La Jument dans le Golfe
- appareillages du Crouesty pour rejoindre mon mouillage à Arradon à la nuit tombée au avant le lever du jour
- appareillage du Crouesty pour débuter la remontée de la rivière d’Auray.
Et, plus que les casiers, je crains les navires qui naviguent sans leurs feux de navigation réglementaires. Et malheureusement sur le golfe il y en a souvent

Un projecteur peut être (parfois
doit être) utiliser pour la recherche d’un homme tombé à la mer, pour l’éclairage du pont à l’approche d’un quai ou d’une bouée et faciliter le travail des équipiers sur le pont lors de ces manœuvres. Mais aussi de façon très ponctuelle pour reconnaître les "masses sombres" qui passeraient à proximité, voir éviter des casiers.
Je viens d’embarquer (cause nouvelle dotation en zone semi-hauturière) un projecteur à main. Je m'en étais très bien passé jusque là. Par contre de nuit, je me sers très souvent de mes jumelles (qui, je le précise, ne sont pas à vision nocturne).
Voici ce qu’en disait notre ami Thomas, lors de nos échanges précédents :
C'est, pour moi, sans ambiguïtés.
Un projecteur est dédié à la recherche d'un homme à la mer ou à l'aide dans une manoeuvre comme le souligne Sharky.
… à mon avis en navigation, il doit être éteint. Seuls doivent rester les feux réglementaires.
Si on ne peut distinguer les feux rouge / vert / blanc (noyés dans la luminosité forte du projecteur), difficile voire impossible de déterminer les routes et les priorités.
…
La clé c'est de se mettre dans l'obscurité la plus complète et d'avoir de bonnes jumelles. Malheureusement, les équipements de plaisance (comme le souligne Sharky sur son HDS) ne sont vraiment pas faits pour la navigation de nuit.
Perso je suis obligé de tout éteindre (VHF, HDS, rétro-éclairage des compteurs).
@+
Comme j’aime le dire : on ne navigue pas "plein phare" en mer comme on roule sur une départementale en rase campagne. Avez-vous déjà vu les ferries, cargos ou bâtiments de la marine nationale naviguer de la sorte ?
La navigation de nuit est un art difficile qui ne s’improvise pas. Pour seulement des navigations côtières de nuit et de courte durée, il est préférable, pour être dans de bonnes conditions :
- d’avoir une bonne connaissance des lieux (balisage (ne sont pas tous éclairés), danger, courants, …)
- d’avoir préparé ses routes et savoir identifier le balisage lumineux que l’on va rencontrer
- de mettre son poste de pilotage (timonerie) ou console sur un open) en mode nuit (éteindre tous les indicateurs (compte tours, jauge carburant, horamètre, …), diminuer au maximum l’intensité de l’écran du traceur, éteindre tous les éclairages de courtoisie afin que sa vision s’adapte le plus possible à l’obscurité
- de disposer d’une paire de jumelle … et l’utiliser
- d’orienter la veille nautique de ses équipiers
- de s’équiper par exemple d’une lampe frontale avec un éclairage rouge que l’on allume si besoin (ce qui dispense l’œil d’avoir à se ré-aclimater trop longuement à la vision de nuit)
- en dernier lieu et pas des moindre de porter son gilet de sauvetage avec le dispositif lumineux associé
En cas de rencontre avec un autre navire, il est important de déterminer sa route, le type du navire afin de voir s’il y a risque de collision et qui doit manœuvrer pour éviter un éventuel abordage.
Il est utile (de jour également) de vérifier l’évolution du gisement du navire :
- le gisement est constant : collision assurée
- le gisement diminue : le navire observé passe devant
- le gisement augment : le navire observé passe derrière
Et en parlant des feux de côté garder en mémoire le précepte suivant : Rouge sur rouge rien ne bouge, vert sur vert tout est clair.
La vitesse doit également être appropriée.